Dans le silence des fûts – les promesses de nos pinots noirs

Dans le silence des fûts – les promesses de nos pinots noirs

On est en cave, le cœur battant des pinots noirs 2024.
Les lies sont là, posées comme une pensée au fond des fûts, et l’on commence doucement le sous-tirage, ce lent mouvement d’horloger qui ne fait pas de bruit mais change tout. Les vins quittent un à un leur barrique d’élevage pour se fondre en masse, six mois de repos commun, dans le silence frais de la cave. C’est le moment où l’on efface les contours trop marqués, où l’on veille à ce qu’aucun fût, plus bavard ou plus boisé qu’un autre, ne prenne le pas sur son voisin. On assemble sans brusquer, on laisse s’éteindre les aspérités, on invite les nuances à se tendre la main.

Ce repos de six mois, c’est le temps de l’harmonisation de chaque cuvée, le temps où l’expression du climat reprend ses droits sur les effets de contenant. On cherche la voix propre du lieu, débarrassée des effets de manche, un pinot qui parle d’abord de sa terre avant de parler de son fût. Rendez-vous en 2026 pour le grand oral : ce sera le moment de goûter, de vérifier si le climat a bien pris le dessus, si le vin raconte ce que le coteau lui a soufflé.

Pendant que les 2024 s’assemblent et se posent, les 2025, eux, commencent tout juste leur voyage de profondeur. On les entonne, patientement, fût après fût, comme on couche des phrases entières dans un grand livre qui se lira plus tard. Ils vont dormir un an au moins dans le bois, à la faveur des micro-oxygénations lentes qui polissent les tanins, assouplissent la matière, arrondissent les angles sans jamais éteindre la lumière du fruit. C’est une autre forme de temps, où il s’arrête, une saison étirée où l’on ne fait presque rien, sinon veiller, écouter, goûter de temps en temps, et faire confiance au dialogue discret entre le pinot noir, le chêne et le climat qui les a vus naître.

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